A propos Aurélien Vernet

J'ai passé deux ans auprès d'Hélène Lipietz à la commission des lois où j'ai pu m'occuper de la réforme des métropoles, de la loi transparence, du non-cumul des mandats, et bien d'autres sujets passionnants autour des libertés publiques et de nos institutions. Par la suite, j'ai passé 3 ans auprès de Joël Labbé, à la commission des affaires économiques où j'ai participé à la loi d'avenir pour l'agriculture, la loi de transition énergétique, la loi biodiversité, l'application de la loi Labbé sur les pesticides, l'interdiction des néonicotinoïdes... Ce fut l'occasion d'organiser plusieurs consultations citoyennes avec "Parlement et Citoyens" et d'élaborer une vision innovante de ce que pourrait-être le futur de l'élaboration de la loi.

La cartographie des débats (Mind-Mapping Collaboratif)

Il y a déjà neuf mois, je vous proposais un article sur le mind-mapping collaboratif en ligne. Je vous présentais alors trois logiciels qui me paraissaient en pointe dans leur domaine. Pour les lecteurs réguliers, j’avais auparavant commis un article posant les bases d’une exploration du vaste monde du mind-mapping.

J’ai décidé de compléter cette première approche avec deux logiciels que j’ai testé depuis et qui présentent des avantages différents, tout en restant largement collaboratifs:

Ces deux logiciels sont spécialement conçus pour cartographier les débats en direct, ou en différé :

 

Debate-graph :

Il s’agit ici d’une variante logiciel du mind-mapping, spécialisé dans la cartographie de débats complexes. Debate graph offre des fonctions avancées de partage et de collaboration, de création de communautés, de création et d’archivage de cartes publiques et privées.

Il ne s’agit pas d’un logiciel libre, toutefois, la plupart des cartes sont sous licence creative commons, et l’objectif affiché des créateurs est de fournir une base de données des connaissances et de débat public, au niveau  mondial aussi bien qu’au niveau local.

La communauté d’utilisateurs est extrêmement large, elle comprend quelques organismes internationaux de premier plan, cela laisse présager un avenir radieux pour ce logiciel qui est le plus complet que j’ai pu essayer.

Si vous utilisez Debate-Graph, n’hésitez pas à m’inviter comme collaborateur :

 

 

Incoma :

Avec ce logiciel, nous restons dans la cartographie de débat. Ici le logiciel est beaucoup plus simple. Légèrement inspiré des etherpad dans la manière à chacun de pouvoir collaborer, y compris de manière anonyme. Le logiciel a été développé comme support pour les manifestation pacifique et autogérées en Espagne des « indignados » et des mouvement « occupy » à travers le monde, ainsi que des printemps arabes. L’inspiration vient des mouvements citoyens, de la liberté d’information, de l’intelligence collective des logiciels libres, de l’autogestion, de l’égalité face au raisonnement et à la connaissance.

La version Béta 2 est sortie le 10 février 2014, elle s’appelle Incoma Akiba Edition

Elle apporte la traduction française de l’interface, une amélioration de la visualisation des graphes et de leurs relations, un système de conversation et d’édition collaborative des types de nœuds.

Quelques fonctions essentielles restent aujourd’hui manquantes en terme d’édition des graphes, une gestion des droits des utilisateurs, un abonnement aux mises à jour d’une carte, un système d’invitation, une possibilité d’intégration html sur un site internet externe, etc.

C’est un logiciel libre, tous les développeurs, traducteurs et autres gestionnaires de projet sont les bienvenus.

Vous pouvez déjà participer aux cartes en français qui se trouvent aux adresses suivantes :

L’intérêt de la cartographie du débat d’idées

Solutions pour une meilleure démocratie

L’intérêt d’utiliser un logiciel comme Incoma

Capture du 2014-03-05 15:19:17

 

Mind-Mapping collaboratif en ligne

Cette semaine un article un peu spécial, même si les lecteurs réguliers ne seront pas dépaysés.

En effet je vous présente à nouveau trois mind-maps, ou cartes mentales, réalisées en ligne et sur trois logiciels différents.

La première a été construite en ligne avec quelques membres du mouvement Zeitgeist, en échangeant grâce au logiciel TeamSpeak, qui permet de faire des conférence audios avec un grand nombre de personnes. Nous n’étions qu’une poignée ce jour là, mais le travail réalisé, même s’il est loin d’être définitif, fut d’une efficacité redoutable. Cette première carte utilise le logiciel MindMup qui appuis ses fonctions collaboratives sur Google Drive, ce qui est très pratique pour régler les paramètres de partage et les droits de modification et de publication. Pour ne rien gâcher il s’agit d’un logiciel libre, le code source est disponible sur Git Hub.

Cette deuxième carte est réalisée avec le logiciel Mind 42, qui permet aussi de faire de la collaboration en ligne, même s’il est moins efficace sur ce plan que MindMup. Il s’agit d’un comparatif des usages et des logiciels de Mind-Mapping et de Concept-Maps.

Il manque encore à ces deux logiciels la souplesse d’organisation permettant de passer de la Mind-Map à la Concept-Map! Mais cela ne saurait tarder, il semble que dans les deux cas cela soit compris dans les prochains développements.

En attendant il reste le logiciel KMI Compendium, et sa version de développement actuel: Compendium NG.

A titre d’exemple, voici un extrait d’une de mes cartes sous Compendium qui donne une vision d’ensemble de la structure de mon roman de science-fiction qui n’est pour le moment écrit qu’à moitié (attention spoiler):

La plan de mon roman de Science-Fiction! Work In Progress!

En espérant que ces quelques exemples vous auront donné envie de vous lancer dans vos premières cartes mentales, qu’elles soient personnelles ou collaboratives!

Les usages du Mind-Mapping sont multiples, de la prise de notes en réunion à la collaboration massive et asynchrone en ligne. L’avantage de cet outil, c’est la facilité de réalisation et de transmission d’un document par rapport à son équivalent textuel. Une carte, même simple, prendrait plusieurs pages de textes si l’on devait détailler les liens et l’organisation logique. Le récepteur du message ne prendrait pas forcément le temps de le lire, et encore moins de le compléter! Ici, on permet à tous de saisir en quelques secondes ou minutes l’ensemble d’une problématique, et d’ajouter sa pierre à l’édifice sans difficulté!

N’hésitez pas à partager vos cartes dans les commentaires! 😉

Les chemins de la transition

Notre époque est secouée par une série de crises systémiques. Ces dernières ne sont pas insurmontables, mais leur enchaînement nous montre progressivement les limites de notre organisation sociétale aux niveaux économique, social et environnemental.

Pour ceux qui en doutent encore, je les encourage à regarder le magnifique article de Time magazine en partenariat avec Google, qui fait la part belle aux images de notre planète sur les 30 dernières années, intitulé sobrement « Timelapse » qui signifie en français « saut dans le temps ».

Nous l’avons déjà abordé ici, nous avons déjà l’ensemble des solutions qui nous permettent d’effectuer la transition vers un système politique, économique et social soutenable, voire durable. La transition écologique en somme…

Pourtant de nombreuses personnes continuent de voir uniquement les contraintes, et refusent de prendre en considération les changements de direction possibles et souhaitables! Pour répondre à ces nombreux déclinistes, il est temps de rassembler l’ensemble des initiatives positives émergentes.

Nous sommes en train de prendre conscience du verrouillage intellectuel de notre société à travers les doctrines dominantes concernant l’économie, la politique, les médias de masse, les idéologies nauséabondes…

enseigne CC

Il faut se méfier des voies miraculeuses évoquées par certains, qu’elles soient spirituelles, sociales ou technologistes, non pas qu’elles soient toutes mauvaises, mais simplement parcequ’elles ont tendances à occulter le fait que les solutions sont déjà là et qu’il n’est pas nécessaire pour réussir de chercher des voies de rupture. Si ces ruptures technologiques, sociales ou spirituelles ont lieu dans les années à venir, elles ne feront qu’accélérer les processus déjà en cours, à condition qu’ils aient été lancés avec dynamisme en attendant.

Comment faire la transition vers un système équilibré, non destructif, stable, sain, serein, joyeux?

Un certain nombre de scénarios, élaborés patiemment et indépendamment des pouvoirs politiques et économiques classiques, permettent d’entrevoir les chemins qui pourraient mener notre société vers une évolution positive, individuellement et collectivement.

Avant d’aborder ces scénarios, je vous encourage à regarder, et pourquoi pas à compléter, la cartographie heuristique ci-dessous. (envoyez moi un mail pour que je vous ajoute sur la carte en tant que collaborateur.)

Transformation, transition, évolution

Le premier élément à intégrer, c’est que nous avons suffisamment de ressources pour permettre à tout le monde de vivre décemment, y compris lorsque nous aurons atteint le pic de population mondial.

Nous serons au maximum 11 milliard d’humains sur terre selon les prévisions de l’ONU!

Les solutions existent et nous les avons déjà toutes! Elles ne sont pas supposées, ou rêvées, elles sont déjà efficaces et ne demandent qu’à être mises en oeuvre à grande échelle.

Après notre article concernant les solutions existantes, un peu en vrac, je me permets d’enchérir sur le sujet avec une liste de documents issus d’organismes indépendants et sérieux:

Ces Études Poussées Sur Le Sujet Nous Montrent Le Chemin:

Commençons par les conditions matérielles de la vie des humains, en premier lieu, il convient de concevoir les sytèmes agricoles permettant à tous de se nourir sans appauvrir les sols, ni polluer à l’extrême l’environnement, les nappes phréatiques, assécher les rivières…

Le scénario AFTERRE trace le chemin vers une agriculture très productive et très respectueuse de l’environnement, en appliquant certains principes de bon sens, et d’autres issus de l’agroécologie. Il ne s’agit pas d’un scénario dogmatique, puisqu’il ne s’interdit pas de manière absolue l’utilisation d’engrais ou de pesticides, mais il envisage de manière crédible une utilisation multiples des sols permettant de maximiser les rendements en équilibrant les cultures.

Un exemple de l’utilisation des sols dans le scénario AFTERRE:

Exemple de l'utilisation des sols dans le scénario AFTERRE

 

L’évolution de la consommation de produit alimentaire, vers moins de produits carnés et une augmentation des protéines végétales:

Composition de la ration alimentaire dans le scénarion  AFTERRE

 

Une fois que la question de la nourriture est réglée, il faut s’attacher aux ressources énergétiques:

C’est là que le scénario Negawatt entre en jeu. Partant des éléments actuels et des technologies en fonction actuellement, ce scénarios trace une voie de transition énergétique et écologique à l’horizon 2050:

 

 

La démarche Négawatt

 

Schéma simplifié 2010

 

 

Schéma simplifié 2050

 

Il est intéressant de voir que ces deux premiers scénarios sont actuellement en train d’évaluer leurs convergences. Peut-être assisterons-nous à une fusion des deux scénarios à terme, vers une démarche prospective globale de notre système.

Afterres2050 Et NégaWatt 2011 : Les Convergences

Le scénario négaWatt 2011 et le scénario Afterres2050 de Solagro reposent sur des fondamentaux similaires – partir des besoins, appliquer la sobriété, l’efficacité, le recyclage ou la valorisation des ressources renouvelables, …

Parmi les points d’interface :

  • Afterres2050 fournit à négaWatt la quantité de biomasse mobilisée pour l’énergie. Bois, biogaz, carburants, représentent 40% de l’énergie finale en 2050. Le principal carburant utilisé en 2050 sera le méthane, issu de biogaz et de bois via la gazéification puis la méthanation ;
  • Le scénario Afterres 2050 complète négaWatt en matière d’agriculture et de forêt : il traite la majorité des gaz à effet de serre hors CO2 énergie (méthane et protoxyde d’azote d’origine agricole) et des puits de carbone (forêts et sols agricoles).
  • Les besoins en matériaux (bois de construction, papier, paille…) sont définis à partir du programme RENOV de négaWatt, (construction et rénovation des bâtiments),
  • Inversement la production d’engrais azotés et la consommation d’énergie de l’agriculture issue d’Afterres2050 est versée aux « tableurs et scénario » négaWatt.

Au final, un beau travail de collaboration, qui se poursuit.

Maintenant que nous avons vu que les conditions purement matérielles pouvaient être satisfaites pour tout le monde, il faut compléter le tableau avec les transformations de notre système économique et social.

On assiste à l’émergence d’un certain  nombre de pratiques permettant aux individus de minimiser leur dépenses tout en ayant accès à des biens ou des services de haute qualité. Il s’agit de la vague de la consommation collaborative qui permet d’envisager la richesse et la propriété sous un angle légèrement différent permettant à chacun à travers la redécouverte de la richesse collective et de l’échange social, de bénéficier de bien plus de choses que si l’on reste un « agent économique » solitaire. Cela nous amène naturellement vers l’économie du partage, popularisée par le mouvement du logiciel libre notamment, si tu copies un logiciel libre tu t’enrichis de ce logiciel et grâce à ce logiciel, tu n’as privé personne de son utilisation, tu n’as pas appauvri son propriétaire, car nous en sommes propriétaire collectivement, le logiciel a éventuellement des auteurs, mais cela s’arrête là…

Conso collaborative

Ces même principes sont applicables à l’ensemble des idées, il n’est plus nécessaire de breveter des idées, mais d’organiser les modalités de leur réalisation, plus les idées sont partagées, plus il est facile de connecter les opérateurs économiques entre eux afin de dynamiser la réalisation…

L’économie circulaire propose de transformer les déchets en matière première réutilisée pour la conception des produits ou pour d’autres utilisations. En d’autres termes, ne plus créer de résidus que les systèmes industriel et naturel ne puissent absorber. La boucle est bouclée. Cela représente bien entendu un gain de compétitivité énorme pour les industries qui ont une maîtrise de leur flux de matières premières.

Economie circulaire

Il faut rapprocher le concept d’économie circulaire de celui d’écologie industrielle.

 

Dans les stratégies économiques et sociales en rupture radicale avec le climat de pensée actuel, un concept fort est en voie de concrétisation à travers le lancement d’une initiative citoyenne européenne et d’une initiative fédérale en Suisse.

Logo des ICE

Ce concept, c’est celui du revenu de base, qui porte différents noms selon les penseurs qui l’évoquent. La définition choisie par le mouvement français pour le revenu de base est la suivante:

Le revenu de base est un droit inaliénable, inconditionnel, cumulable avec d’autres revenus, distribué par une communauté politique à tous ses membres, de la naissance à la mort, sur base individuelle, sans contrôle des ressources ni exigence de contrepartie, dont le montant et le financement sont ajustés démocratiquement.

Logo mouvement pour un revenu de base

Les impacts en terme sociétaux sont immenses. La notion même de travail en est bouleversée. Il n’est plus nécessaire d’accepter n’importe quel travail pour vivre. La négociation entre employeurs et employés est rééquilibrée, les emplois pénibles sont revalorisés. La misère économique disparaît. L’instauration d’un revenu de base aurait pour effet de libérer l’innovation et la créativité et donc la création de valeur économique et sociale.

Dans un monde où le travail disparaît alors que la richesse totale ne cesse d’augmenter, la solution paraît évidente: il faut partager la richesse!

Bannière revenu de base en français

 

Les deux derniers éléments que j’évoquerai dans cet article sont plus généraux.

Le concept d’éducation populaire n’est pas nouveau, il vise à donner, en dehors du circuit scolaire ou institutionnel, un accès aux savoir et à la culture, pour l’ensemble des individus, quelle que soit son extraction sociale.

Cette éducation, plus libre, capable de s’affranchir du carcan institutionnel et de ses limites, est l’une des conditions indispensables de l’évolution de notre société. L’école tend malheureusement à reproduire les distinctions sociales, sélectionne une élite, et lui donne les clés pour gouverner. L’éducation populaire vise quand à elle à donner à tous, sous la forme qui lui convient le mieux, les clés de sa propre réussite, de l’accomplissement de ses projets. Elle questionne également les bases sociales et civiques qui fondent notre société.

Si vous souhaitez approfondir, la SCOP Le Pavé détaille très bien ces concepts dans ses conférences gesticulées.

Je voudrai également évoquer une démarche très intéressante qui se décline sur 3 axes:

  • celui des comportements individuels,
  • celui du mode de fonctionnement des organisations,
  • celui des politiques et des institutions.

Il s’agit du Pacte civique, qui, à travers 32 engagements relativement simples, trace la voie vers une société équilibrée et solidaire. Ces engagements concernent les individus eux-même et leurs modes de fonctionnements collectifs au sein des organisations.

 

logo_pactecivique

 

L’apparition de nouvelles formes de gouvernance, et la volonté de transformer nos vieux schémas démocratiques. Qu’il s’agisse de pousser à la transparence de nos élus, ou d’obtenir facilement les informations dont dispose l’Etat, nous assistons à une transformation progressive de la conception de gouvernement.

 

La démocratie ouverte

 

Des projets émergent, en ayant pour objectif de rendre la place aux citoyens dans le débat démocratique:

Parlement et citoyens, innove et propose aux parlementaires de co-construire la loi avec les citoyens.

Démocratie Durable permet aux citoyens de proposer des projets et fournit une base de projets aux élus, locaux comme nationaux.

Des développeurs sont en train de concevoir des logiciels libres permettant de faire de la démocratie directe à l’échelle d’un pays.

D’autres sont en train de fabriquer les logiciels permettant de s’affranchir des contraintes techniques permettant de brider le réseau Internet

En conclusion, bien que cet article ne vise pas à l’exhaustivité, lorsque l’on se retrouve face à la morosité ambiante, il faut promouvoir les idées positives déjà présentes et en cours de mise en oeuvre. Ces engagements positifs sont, j’en suis convaincu, le terreau fertile du monde de demain.

Les gestes qui sauvent…vos réunions

De nombreux outils existent afin d’améliorer les processus de prise de décision dans l’ensemble de nos organisations, qu’il s’agisse d’entreprises, d’associations, de partis politiques, de collectifs militants. Les méthodes dont je vais vous parler existent depuis des décennies! Seulement, elles sont sous représentées dans la pratique que l’on observe au sein de nos organisations.

Il faut toutefois éviter les effets pervers de la Pensée de groupe, abandonner une partie de son jugement pour faciliter l’émergence d’un consensus fort pour le groupe peut conduire à des solutions mauvaises, bien qu’elles aient été prises au consensus ou au consentement général.

Les méthodes de prises de décision foisonnent, à titre d’exemple, voici la méthode Cocyane pour « Transformer les processus de décision ».

Les méthodes issues des notions de management de l’intelligence collective avec la matrice AXIO et le management paradoxal, comme le propose Olivier ZARA.

 

Sans aller jusqu’au point de complexité évoqué plus haut, certains outils simples peuvent être abordés dans l’ensemble des contextes collectifs. La recherche du consensus, s’il peut prendre du temps, et s’il n’est pas nécessairement efficace dans toutes les situations, permet de fédérer les participants d’une manière beaucoup plus fortes que simplement l’appât d’un salaire ou l’attrait d’un travail valorisant socialement et intellectuellement. Le sentiment de participer à une construction collective renforce énormément la motivation et la capacité d’action de chacun.

 

Construction du Consensus

http://commons.wikimedia.org/wiki/File:Consensus_traduit.jpg

 

Le schéma précédent permet d’aborder simplement et rapidement les étapes de la construction d’une réunion ayant pour objectif de créer du consensus entre les participants. Si vous souhaitez approfondir le concept, je vous encourage vivement à consulter les documents suivants:

La page wikipedia traitant du consensus est une mine d’information!

Ce PDF récapitule en détail l’ensemble du processus et sert de guide pour toute réunion cherchant à fabriquer du consensus. Il s’agit de la méthode: « consensus, consentement, 2/3 ». Cette méthode fonctionne à merveille pour des groupes jusqu’à 15 personnes, il convient de l’amender pour des groupes plus importants, notamment en suivant le processus de création de consensus avec un support visuel, sous forme de mind-mapping par exemple. En limitant les temps d’expression des clarifications afin de laisser une place importante aux propositions nouvelles qui sont le coeur de la construction du consensus. Le passage au vote ne devrait être utilisé qu’en cas de véritable blocage de décision par un des participants!

 

D’une manière générale, certains signes et gestes permettent de faciliter les échanges lors des réunions, conférences et autres forum ouverts… En voici quelques échantillons qui vous permettront de partir du bon pied! Vous êtes évidemment encouragés à les adapter à vos besoins voir à en créer de nouveaux:

OccupyHandSignals

http://commons.wikimedia.org/wiki/File:OccupyHandSignals.pdf

Source Pour que le débat ne s’éternise pas et ne dévie pas dans des à-côtés stériles, le gardien du temps peut proposer une communication non-verbale avec quelques signes clefs qui sont compris par tout le monde. Les signes du consensus sont inspirés du langage des signes pour sourds-muets. Liste non exhaustive des signes généralement utilisés :

  • Deux index levés : demande de parole pour pouvoir intervenir tout de suite, de façon à éclaircir un sujet en cours avant qu’il ne soit abandonné. L’intervention doit être très courte, et n’est pas nécessairement acceptée par le distributeur de parole.
  • Mains en T :problème technique, ne concerne pas les idées mais l’aménagement de l’espace de discussion. Donne priorité à la parole.
  • Moulin des mains :signifie que l’intervention traîne en longueur, qu’une chose a déjà été dite. Très utilisé par le gardien du temps.
  • Signe d’accord en agitant les mains en l’air :ça permet de repérer d’un regard le niveau de consensus qui se dégage au fur et à mesure que les propositions sont faites. Ça permet d’éviter l’applaudimètre et la répétition des idées.
  • Index levé : pour demander la parole, il permet de retarder une prise de décision et d’expliquer la raison de désaccords pour proposer des amendements et arriver à des consensus.
  • Poing levé :signifie « je quitte le projet ou la réunion si mon opinion n’est pas prise en compte ». Doit être utilisé avec grande modération. Certains groupes exigent qu’un bloqueur doit avoir une proposition alternative.
  • Un peu plus doux peut être une mise en X des avant bras devant soi,pour demander une prise en compte d’arguments pour une forte opposition.

Ces signes peuvent être parfois utiles dans de grands groupes, moins en plus petits cercles. Ils sont fréquemment (en France) vécus comme un peu grotesques ou trop « formalistes » et de brèves incises ou gestes plus traditionnels leurs sont alors préférés.

 

La version des désobéissants est légèrement différente, néanmoins attrayante: extrait de « Désobéïr, le petit manuel » de Xavier Renou aux éditions: le passager clandestin

gestesgroupes

Gestes pour la gestion des réunions

gestesgroupes2

Suite des gestes pour la gestion des réunions

 

Je ne reviendrai pas sur les notions d’Holacracy et de sociocratie, je les ai déjà évoqués ici. Toutefois, je me permet de vous livrer un document ressource sur le sujet qui vous permettra de démarrer très rapidement avec cette méthode de gouvernance innovante et agile!

Ce qui est certain, c’est que la plupart des organisations et des associations ignorent encore les bienfaits d’une gestion à la fois plus démocratique et plus agile. Il faut se préserver d’ériger le consensus en dictature bloquante, comme on l’observe parfois dans les cercles militants chez les indignés par exemple. Mais il faut également se préserver des parodies de démocratie participatives trop souvent pratiquées lors de la mise en place des agendas 21 par exemple, ou dans certaines entreprises, où l’on organise de soi-disant concertations qui n’ont pour objectif que de légitimer des décisions déjà prises.

Cet article n’est évidemment pas exhaustif, et nous n’avons pas fini de revenir sur ce site sur les notions de gouvernance et d’organisations agiles!

Les initiatives citoyennes européennes

logo ICEL’un des processus démocratiques les plus directs en Europe s’intitule l’initiative citoyenne!

logo revenu de base

Si vous n’en avez jamais entendu parler, c’est certainement que les médias s’y intéressent peu! Il s’agit d’une innovation du traité de Lisbonne donnant un droit d’initiative politique à un rassemblement d’au moins un million de citoyens de l’Union européenne, venant d’au moins un quart des pays membres. La Commission européenne peut ainsi être amenée à rédiger de nouvelles lois dans les domaines relevant des ses attributions, mais n’y est pas forcée. En réalité, il va être compliqué pour la commission d’ignorer proprement les initiatives ayant recueillis le nombre de soutien. La première initiative à avoir abouti, Right to water, sera examinée par la commission à la fin de l’année 2013, lorsque le processus de recueil sera clos. Nous aurons alors un exemple du comportement de la commission vis-à-vis de ces initiatives.

Right2water

L’intérêt principal de ces initiatives, hormis le fait que c’est le premier outil de démocratie participative à une échelle aussi vaste, c’est de voir émerger des enjeux politiques originaux, dont les médias se font peu l’écho!

C’est ainsi que l’initiative pour un revenu de base permet de dynamiser le débat public sur cette question, malgré sa complexité (notamment côté financement), et malgré les sirènes libérales actuelles qui ne ronronnent qu’au son de la rigueur et de la croissance par la production

Le règlement relatif à l’ICE est applicable depuis le 1er avril 2012, c’est pourquoi nous n’avons que peu de recul actuellement sur l’efficacité du système.

Ce qui est certain en revanche, c’est que les citoyens européens doivent se saisir de l’ensemble des outils mis à leur disposition afin de se réapproprier les processus démocratiques! Il sera toujours temps de critiquer ces initiatives, une fois que nous aurons pu évaluer de quelle manière les instances européennes peuvent les détourner de leurs ambitions premières. En attendant, si les citoyens n’investissent pas le champs qui leur est proposé, ces mêmes institutions auront beau jeu de dire que finalement elles sont légitimes, puisque les citoyens se désintéressent de manière absolu de ce qu’elles font!

De la même manière, le Sénat français vient de lancer un espace participatif sur son site, et les citoyens doivent investir cette nouvelle brèche si ils souhaitent aller ensuite plus loin dans les dynamiques directes ou participatives!

Voici les conditions nécessaires pour constituer une initiative citoyenne européenne :

  • Au minimum un million de signatures de citoyens issus d’au moins un quart des États membres de l’Union ;
  • Le comité organisateur doit être composé d’au moins sept membres résidant dans au moins sept États membres de l’Union différents ;
  • Les signatures doivent être collectées dans l’année suivant la confirmation de l’enregistrement de la proposition par la Commission ;
  • Le nombre minimum de signatures par État est calculé en multipliant son nombre de députés au Parlement européen par 750 (ce nombre varie donc de 4 500 signatures à Malte à 74 250 signatures en Allemagne).

La Commission dispose ensuite de trois mois pour étudier l’initiative, et ce après que les États membres auront vérifié les signatures collectées.

En outre, pour être recevables, les initiatives doivent avoir été déposées après le 1er avril 2012, ainsi que l’a jugé la Commission européenne.

Une tentative d’initiative citoyenne européenne avait par exemple été remise à la Commission européenne le 9 décembre 2010. La pétition avait été lancée par Avaaz et Greenpeace en mars 2010 et a atteint le million de signatures le 28 septembre 2010 (plus de 1,2 million au 17 décembre 2010). Elle appelle à un « moratoire sur les cultures OGM et à la création d’un organisme éthique et scientifique indépendant chargé de réaliser des analyses et d’organiser la régulation des OGM » , mais a été jugée irrecevable alors qu’en Suisse, l’initiative populaire « Pour des aliments produits sans manipulations génétiques » a été votée et acceptée le 27 novembre 2005.

L’initiative Revenu de base inconditionnel – Explorer une voie vers des conditions sociales émancipatrices dans l’UE, qui avait été rejetée dans un premier temps a finalement été enregistrée le 14 janvier 2013 dans une version remaniée. Son propos est de demander à l’union d’étudier sérieusement la faisabilité d’un revenu de base au niveau européen

Quatorze initiatives citoyennes sont en cours actuellement, la seule ayant pour le moment atteint le million est Right2Water, visant à faire reconnaître l’accès à l’eau et à l’assainissement comme un droit fondamental opposable en Europe.let-me-vote

Une initiative qui reflète parfaitement l’esprit citoyen européen qui peut émerger de ce type de processus démocratique est l’initiative LetMeVote, qui revendique un droit de vote aux élections nationales de leur pays de résidence pour tous les citoyens européens, alors qu’aujourd’hui, il est limité aux élections locales et européennes.

 

Dans les initiatives que je trouve pertinentes, il y a encore celle qui vise à définir et interdire les Écocides en Europe et dans la zone d’influence de celle-ci! L’initiative End Ecocide mérite toute votre attention!end-ecocide-horizontal_fr

 

 

Il y a également l’Initiative Européenne pour le Pluralisme des Médias visant à protéger le pluralisme des médias par une harmonisation partielle des règles nationales relatives à la propriété des médias et sa nécessaire transparence, aux conflits d’intérêts avec les instances politiques, à l’indépendance des organes de régulation et de contrôle des médias.mediainitiative-logo

 

 

 

Vous trouverez ci-dessous les différents logos et bannières de promotion de ces initiatives que j’ai pu récupérer! Libre à vous de les utiliser pour promouvoir les initiatives qui vous plaisent!

 

Mind-Maps, Cartes Mentales, Concept-Maps, Cartes Heuristiques

Pour ceux qui ne connaissent pas encore les outils du Mind-Mapping, il s’agit d’une manière très efficace de partager ce que vous avez en tête, mais pas seulement! C’est un moyen d’organiser sa propre pensée, il facilite l’appropriation des concepts et la transmission des connaissances.

Je vous livre ci-dessous un bon exemple réalisé avec la plate-forme Mind42 qui offre un service simple et gratuit de création, de collaboration et d’hébergement de vos cartes mentales:

Évidemment, j’ai choisi un de mes sujets de prédilection:

La Démocratie Participative

 

Il existe un grand nombre d’outils logiciels permettant de faire du Mind-Mapping! Pour ne citer que mes préférés en Open-Source: Freemind, Kmi Compendium, Cmaps Tool, et il y en a beaucoup d’autres encore!

Là aussi, je préfère vous livrer une carte mentale plutôt que de vous noyer sous le discours:

Formation Mind-Mapping

Pour continuer votre exploration du Mind-Mapping, je vous propose une carte autour des transformations du travail à l’ère numérique, réalisée par un groupe de travail de la Fing.

Et ci-dessous, vous trouverez un aperçu de ce que peut donner une Concept Map réalisée avec le logiciel Kmi Compendium et retraçant deux jours de formation à la démarche Eco-enquête avec Planète-Sciences:

L’avantage des concept maps sur les mind maps classiques, c’est le liberté qui est laissée à l’organisation des liens entre chaque nœud.

Eco-enquête

 

Eco-enquête

Des nouvelles de la démocratie et de la gouvernance!

L’actualité, en terme d’évolution des pratiques démocratiques, est foisonnantes actuellement, même si les médias classiques se font assez peu le relaie de toutes les initiatives actuelles, qu’elles se situent en France ou ailleurs.

Afin de pallier ce relatif manque d’informations, je vous propose aujourd’hui quelques nouvelles réjouissantes de la démocratie!

Démocratie_Ouverte réduite

Pour commencer, un article de rue 89 autour de l’approbation de la constitution citoyenne islandaise,

une constitution enrichie et approuvée grâce à Facebook, et autres réseaux sociaux, en voilà une nouvelle réjouissante.

Poursuivons avec les avancées françaises en matière d’application de la charte de l’environnement qui a valeur constitutionnelle je vous le rappel:

Charte de l’environnement et participation du public aux décisions!

Enfin, les enquêtes publiques vont avoir une véritable valeur de consultation, et non plus simplement une forme de légitimation des décisions déjà prises.

Le gouvernement français s’est également lancé dans une dynamique d’ouverture des données à travers la mise en place du portail d’ouverture des données du gouvernement français.

Continuons avec un très bon article d’Internet actu (le magazine de la Fing), relayé par le blog du monde autour d’une conférence extrêmement forte de TedX qui traite de la manière de faire la loi en open-source:

Faire la loi ensemble

Dans ce dernier article, l’auteur met en avant les moyens techniques qui permettent de réaliser une forme de démocratie directe. La démarche inverse, de l’aspect social vers l’aspect technique, est en passe d’être lancée avec le site de Parlement & Citoyens, qui se donne pour mission de mettre en relation les parlementaires et les citoyens pour élaborer les propositions de loi en suivant une méthodologie précise. Cette initiative se situe dans la droite ligne de ce qu’avait initié l’association Anciela avec son site Démocratie-Durable.

 

La Finlande est également en pleine effervescence, elle est en train d’ouvrir la manière de réaliser la loi à l’ensemble des citoyens à travers une plate-forme.

Un article complémentaire sur le sujet:

http://gigaom.com/2012/02/28/could-crowdsourcing-be-a-better-way-to-make-legislation/

 

Open data et démocratie:

http://lemag.lacantine-rennes.net/2012/10/open-data-et-numerique-au-service-dune-democratie-plus-citoyenne-1565

Il est vrai que l’ensemble de ces nouvelles méthodes passent par Internet, et il faut penser à ce que représente à l’heure actuelle la fracture numérique afin de ne pas écarter les citoyens qui sont éloignés de ces outils! Dans cette optique je vous encourage à lire de dossier d’Internet Actu sur les Espaces publics Numériques et leur évolution!

En guise de prolongement, je vous invite à consulter notre article concernant la Sociocratie et les nouvelles méthodes d’organisation et de management. Tout cela participe de ce que l’on nomme aujourd’hui les méthodes agiles, qui vont aujourd’hui bien au delà de la simple conception logicielle ou de la collaboration virtuelle!

De la manipulation scientifico-médiatique

Cette semaine j’ai été pris d’un coup de colère contre le responsable de la rubrique sciences du monde.fr

En cause, l’article suivant:

Allons-nous devenir débiles ?

http://www.lemonde.fr/sciences/article/2013/01/24/allons-nous-devenir-debiles_1822291_1650684.html

LE MONDE SCIENCE ET TECHNO |  • Mis à jour le 

Je vous invite à le lire attentivement avant de revenir ici pour lire mes commentaires:

Si vous venez de terminer sa lecture, vous avez du comprendre qu’il est essentiellement question de génétique dans cet article.

Epigenetic_mechanisms

Quoi de plus étonnant alors, que son auteur soit un urologue, discipline médicale éloignée de la génétique s’il en est…

De plus, il est patron d’une entreprise belge qui s’appelle DNA vision, qui ne propose rien de moins que le séquençage de votre ADN à prix d’or afin de vous proposer des solutions de traitements médicaux adaptés à votre patrimoine génétique: http://www.dnavision.com/

Il y a donc déjà une forme de conflit d’intérêt entre le propos qui est tenu et son auteur. D’autant que nul part lemonde.fr n’indique qu’il s’agit d’une tribune de la part d’un urologue entrepreneur dans le domaine de la génétique, il faut attendre la signature de l’article pour le comprendre. Cela manque cruellement d’honnêteté intellectuelle.

Chirurgien urologue, Président de DNAVision

l.alexandre@dnavision.be

 

Si l’on s’intéresse au fond du propos.

L’auteur commence par se baser sur un article scientifique dont il tire une interprétation à la fois simpliste, personnelle et erronée scientifiquement. L’auteur néglige volontairement des pans entiers de la génétique actuelle, l’épigénétique par exemple, qui montre depuis plus de 20 ans maintenant que l’influence de l’environnement (physique et sociale) permet l’activation ou la désactivation d’une partie de nos gènes au cour de la vie. Un changement dans l’expression de notre patrimoine génétique qu’il est possible de transmettre d’une génération à l’autre et qui bouleverse la vision purement darwiniste qui ne mettait en jeu que la sélection naturelle des mutations comme facteur d’amélioration de l’espèce. Pour ceux qui aiment un peu l’histoire des sciences, il s’agit d’une forme de réconciliation entre les théories darwinistes et lamarckiennes.

Si l’on ajoute à cela la découverte progressive de l’utilité du patrimoine non-codant (98.5% de notre patrimoine), que l’on pensait inutile, simple scorie  de notre évolution… Alors qu’il joue à n’en pas douter un rôle crucial dans les phénomènes épi-génétique, car il garde une mémoire de l’ensemble des mutations et sélections opérées pendant toute l’histoire de la lignée sur des millions d’années. D’ailleurs cette vision contradictoire est posée dans un article lié à celui qui nous occupe, mais l’auteur se garde bien d’introduire cette contradiction dans son propre article.

Aujourd’hui, réduire la génétique à la sélection naturelle et aux mutations aléatoires est aussi idiot que de limiter l’astronomie moderne aux mouvements de lune dans le ciel!

L’auteur néglige donc volontairement les capacités de résilience inhérentes à l’ensemble des être vivants et le caractère absolument non linéaire des trajectoires évolutives des espèces. Il opère un cadrage réducteur de la problématique en mettant en avant les effets bénéfiques des brassages génétiques pour lutter contre la dégénérescence cérébrale induite par la diminution drastique de la sélection naturelle dans nos sociétés modernes. Puis, trop rapidement, il envisage comme inéluctable une dégénérescence progressive de l’espèce, avant de proposer une solution unique et clés en mains, à savoir, la manipulation du génome humain afin de sélectionner les gènes « viables »!

Voilà comment on embobine la majeure partie des lecteurs d’un journal sérieux. Malheureusement tout le monde ne connaît pas les bases de la génétique, peu de gens suivent avec attention les avancées scientifiques autrement que par les raccourcis rapides qu’en font certains de nos médias. Et c’est de cette manière que n’importe quel imposteur peut se présenter dans les pages du Monde.fr pour y déverser un flot d’inepties visant à promouvoir son entreprise, tout en contribuant à banaliser l’idée que l’eugénisme est la seule solution qui permettra de sauver l’humanité dans un futur proche!

Nous avions déjà les apprentis sorciers des OGM qui jouent avec ce que vous mangez en vous promettant que cela va enfin résoudre la faim dans le monde sans même tester correctement la dangerosité des aliments qu’ils vous vendent…

Nous avions également les sorciers du nucléaire qui vous assurent que c’est absolument sans danger, alors même que nous avons connu deux déversements colossales de produits radio-actifs dans l’environnement en moins de 30 ans et que toutes les statistiques montrent qu’un accident majeur risque de se produire en Europe occidental dans les 10 prochaines années…

Et bien nous avons maintenant les sorciers de la sélection génétique qui se proposent de trier vos enfants et cela pour votre bien, le leur, et celui de l’humanité entière…

Et personne ne réagit.

Un raisonnement simpliste, s’appuyant sur une donnée valable interprétée à tort, et donnant une conclusion pas trop inquiétante suffit pour endormir la vigilance et l’esprit critique du lecteur et le laisser accepter l’eugénisme comme unique solution pour la survie de l’humanité.

C’est d’une tristesse…

Cela me rappel les obnubilés de la surpopulation, qui nous prédisent que les humains seront bientôt trop nombreux et qu’il y aura nécessairement une extinction massive d’une partie de l’humanité… Ils oublient un concept élémentaire que l’on étudie en fin de collège: la transition démographique. Nous serons au maximum 10 milliards d’humains sur terre à l’horizon 2100. Et ils ignorent que nous produisons déjà de quoi nourrir 12 milliards d’humains sur terre. Le véritable problème, c’est que nous jetons plus d’un tiers de la production et que l’on nourrit trop d’animaux, ce qui renchérit les prix agricoles et prive une partie de l’humanité d’un accès suffisant à la nourriture. La FAO estime même qu’on pourrait nourrir tous les humains en Bio!

transition démographique

Heureusement, ils possèdent en parallèle au Monde.fr un blogueur extraordinaire qui est un véritable scientifique, doué d’une capacité incroyable à mettre à la portée du lecteur des découvertes complexes sans pour autant faire des raccourcis qui introduiraient des raisonnements inexacts, voire complètement faux! Il s’agit de passeur de sciences.

Pour réfléchir sur un cas extrême, je vous invite à lire l’un des plus grands esprits scientifiques de notre temps: Stephen Hawking, qui vit depuis de nombreuses années dans un fauteuil roulant et parle grâce à l’assistance d’un ordinateur, à cause des suites d’une sclérose latérale amyotrophique. Il est l’un des humains sur terre à conceptualiser l’univers de la manière la plus pertinente. Imaginez que nous l’ayons éliminé avant sa naissance? Ou même simplement « corrigé » grâce aux techniques de modification génétique. Nous aurions certainement perdu l’un des plus grands esprits de notre temps.

Il faut impérativement s’interroger sur l’idée même de sélection au regard de ce que nous enseigne la nature. Avons-nous les clés de décision et la connaissance suffisante à l’heure actuelle pour faire des choix éclairés sur les gènes que nous devrions conserver, et ceux que nous devrions éliminer? Ne risquons-nous pas de priver l’humanité entière d’un futur diversifié si nous commençons rapidement à éliminer les éléments en marge. Imaginez une sélection basée sur la mode, et en quelques générations vous aurez un patrimoine génétique de l’humanité appauvri à l’extrême qui sera de moins en moins résilient face aux pathogènes, face aux mutations, face aux défis physiques et intellectuels que notre espèce devra affronter.

Je défend une thèse diamétralement opposée à celle de l’article du monde:

La diminution de la pression sélective sur l’espèce humaine fait partie de notre évolution, elle permet l’émergence de mutation qui auraient disparues rapidement il y a quelques siècles ou  millénaires, en cela nous enrichissons notre patrimoine génétique d’une manière bien plus importante qu’auparavant. Cet enrichissement est une chance extraordinaire et ne constitue pas une dégénérescence. De plus notre génome possède des faculté d’activation et d’inactivation permettant d’éviter qu’une mutation ayant un impact négatif s’exprime. Ce même gêne ayant un impact négatif aujourd’hui pourra donc à l’avenir muter à nouveau et apporter une nouvelle fonction, par lui-même ou associé à d’autres gênes nouveaux ou anciens, et permettre de répondre à des facteurs environnementaux dont nous n’avons pas idée aujourd’hui. Sélectionner a priori les gênes, sans connaître l’impact évolutif à long terme est extrêmement dangereux pour notre avenir génétique.

Quelques « Prezi » autour de la Sociocratie et introduction à l’Holacracy

sociocratie 5

Pour bien commencer l’année, je vous propose une série de Prezi et une carte heuristque autour de la « Sociocratie » et du management des organisations.

Prezi est un outil de présentations en ligne que j’utilise occasionnellement dans sa version en ligne gratuite, les cartes heuristiques ou mind-maps sont une manière d’organiser l’information, de la structurer afin de la rendre interactive et accessible rapidement.

En préambule, je vous offre La définition de wikipédia: La sociocratie est un mode de prise de décision et de gouvernance qui permet à une organisation, quelle que soit sa taille — d’une famille à un pays —, de se comporter comme un organisme vivant, de s’auto-organiser. Son fondement moderne est issu des théories systémiques. L’objectif premier est de développer la co-responsabilisation des acteurs et de mettre le pouvoir de l’intelligence collective au service du succès de l’organisation.

 

Pour démarrer en douceur, un premier Prezi en images, rapide et facile à comprendre:

 

Poursuivons avec une carte heuristique qui rassemble l’essentiel des concepts et des ressources autour de la Sociocratie:

 

Le Prezi suivant est en anglais, il pose les bases des concepts qui président une organisation dite « agile » et il énonce quelques principes fondamentaux de la Sociocratie appliquée aux organisations:

Elegant Leadership: The Sociocratic Way to a Graceful Organisation:

 

Le Prezi suivant est également en Anglais, il pointe les avantages et les travers des différents modes de management existants, et il reprend les règles de bases de la Sociocratie:

 

Je pense que ces ressources vous seront utiles, si comme moi vous aspirez à des changements profonds dans les méthodes de gouvernance de nos organisations, des plus petites aux plus grandes. Ces méthodes permettent d’accroître l’efficacité des processus d’une organisation mais également le bien-être des participants qui se trouvent associés aux processus décisionnels qui les concernent au lieu de rester dans un rôle d’exécutant comme c’est aujourd’hui trop souvent le cas dans nos organisation.

De nombreux sites francophone et anglophones traitent de la question, proposent des introductions vidéos et des formations, vous remarquerez la différence d’orthographe entre le français et l’anglais:

http://www.sociocratie.net/index.php

http://www.sociocratie-france.fr/

https://sites.google.com/site/sociocracybelgium/

http://www.sociocracy.info/

http://www.sociocracy.biz/

 

Il existe un autre système qui présente de prime abord des similarités avec la Sociocratie, il s’agit de L’Holacratie :

Je me permet de vous livrer un document ressource sur le sujet qui vous permettra de démarrer très rapidement avec cette méthode de gouvernance innovante et agile!

Vous pouvez aussi regarder la vidéo de présentation de la méthode chez IGI Partners.

 

Je vous livre ici un extrait de ce qu’en dit Kevin Dalton de chez Lowanka, qui a eu la gentillesse à travers les commentaires d’apporter les rectifications nécessaires à cet article:
La sociocratie et l’Holacracy sont 2 outils que nous connaissons bien au sein de LowanKa pour les avoir pratiqué au sein de notre organisation. La sociocratie est une méthode de gouvernance et l’Holacracy est une autre méthode de gouvernance bien distincte. Il y a de très grosses différences dans ces 2 outils.
J’ai aujourd’hui un peu plus d’1 an d’expérience d’Holacracy dans les jambes et suffisamment de recul pour vous préciser que l’Holacracy va beaucoup plus loin que la Sociocratie et qu’à la rigueur le seul aspect de la Sociocratie que l’on retrouve en Holacracy, c’est le principe du double lien.. Aspect que l’Holacracy a poussé encore plus loin en apportant des subtilités.
L’Holacracy est une pratique qui a émergé au sein d’une entreprise américaine qui a utilisé pendant 7 ans bon nombres d’outils et d’inspiration pratique pour développer un nouveau concept de Gouvernance. Une société a émergé et elle s’appelle aujourd’hui Holacracyone. Elle fait la promotion du produit « Holacracy », qui au passage n’a rien de « pyramidale »… bien au contraire !

 

 

 

 

Le futur des réseaux

Que deviendront les réseaux dans les prochaines années?

Une question prospective abordée largement dans tous les coins du Web! Mais je vais quand même développer mon point de vue sur le sujet:

Après avoir transformé en profondeur notre manière de nous informer, de partager de l’information, de travailler, et même de lire ou de penser, quel sera l’étape suivante?

Nous avons désormais accès quasiment en permanence aux réseaux! Nous passons de plus en plus de temps devant nos écrans, au détriment d’autres activités comme la promenade, la lecture, la discussion…

Nous assisterons peut-être à une convergence , elle est déjà en partie en cours, la connexion mobile permet de ne pas rester bloqué dans un bureau tout en continuant à travailler en flux continu sur les réseaux! Les « Google Glasses », même si elle ne sont encore qu’au stade de concept, pourraient nous amener au stade suivant de la connexion permanente. Au-delà du stress que cela peut engendrer lorsque l’on se retrouve effectivement coupé des réseaux, ou encore celui induit par l’usage compulsif de nos mobiles en toutes circonstances: réunion, déjeuner, transports, soirée, réveil, … Des fois qu’on ait reçu un mail crucial depuis la dernière fois qu’on a regardé (c’est à dire 10 minutes avant…), ou encore que quelqu’un ait publié une photo de moi sur Facebook sans ma permission…

On observe d’ailleurs de plus en plus d’addict au web qui tentent des cures de déconnexion!

Ils débranchent pour retrouver une vie réelle:

Thierry Crouzet : « J’ai déconnecté » par LaCNR

Au delà de ces phénomènes liés à l’émergence de ces nouveaux comportements et leur lot d’abus, inhérents au temps d’adaptation et d’intégration dans l’éducation, il convient de réfléchir à l’évolution de ces réseaux et des comportements nouveaux qui pourraient émerger. Lorsque l’on observe l’évolution fulgurante, en terme de technologie et de démocratisation de l’accès à internet, lors de ces 10 dernières années, on imagine à quel point il est hasardeux de produire une analyse prospective crédible et réaliste pour les dix prochaines années…

L’un des points d’évolution prometteur dans l’architecture des réseaux, à l’heure où la neutralité de la circulation des flux est mise en danger par les principaux opérateurs français, est l’architecture à l’origine même d’internet, à savoir celle de la connexion de n’importe quel point du réseau avec n’importe quel autre en ayant recours au minimum d’intermédiaires. Cela se traduit à l’heure actuelle par les « Réseaux Mesh« , à savoir des réseaux permettant aux machines, box, smartphones, etc. de se connecter de proche en proche sans passer par des serveurs centralisés! Les exemples les plus emblématiques à l’heure actuelle sont les « pirate box » et le « projet commotion« ! Ces projets laissent présager un internet hors du contrôle des opérateurs économiques centralisés au profit de la mise à disposition par les citoyens des puissances de calcul et de stockage, mais surtout du débit, ce que l’on appel communément la « bande passante« ! La circulation d’information ne peut dès lors plus être contrôlée pas quiconque, à moins de disposer de brouilleurs d’onde sur l’ensemble du territoire, ce qui est possible, mais qui couperait l’accès à l’ensemble des services rendus par le réseau, ce qui, pour une économie développée, est aujourd’hui impensable! Les réseaux Mesh sont même tellement efficients que certains gestionnaires de « Data-Centers » réfléchissent à la décentralisation de leur parcs de serveurs!

Parmi les développement incontournables qui passeront par les réseaux, il faut bien sûr compter sur le développement des dynamiques démocratiques, que j’ai déjà largement traité par ailleurs!

La mise en relation de proximité est souvent un aspect négligé par les analyses que je lis, nous sommes souvent obnubilés par les dynamiques globales, et nous omettons de prendre en considération l’ensemble des dynamiques locales que permettent ou renforcent les réseaux! Les exemples sont multiples, qu’il s’agisse des nouveaux réseaux sociaux de proximité comme OVS, qui ont pour objectif de sortir les individus de leur isolement, les listes de diffusion de Freecycle, qui permettent de donner et de prendre gratuitement des objets dont vos voisins veulent se débarrasser, ou encore les systèmes d’échange locaux, les SEL, dont le fonctionnement est souvent appuyé par un site internet!

Une transformation déjà en cours mais qui va certainement monter en puissance dans les prochaines années à la faveur de l’augmentation des coûts de transport et l’exigence croissante de la génération Y d’un véritable équilibre entre vie professionnelle et vie privée, j’ai nommé: le télétravail.

Si aujourd’hui certaines entreprises pionnières accordent un jour ou deux par semaine à leurs salariés en télétravail, à l’avenir la tendance pourrait être l’inverse, un jour ou deux seulement dans l’entreprise et le reste à la maison! D’ailleurs, cela engendre des baisses de coûts pour l’entreprise: moins de transports à payer, moins de locaux à louer ou acheter, et des salariés en moyenne plus productifs!

A l’heure où 2.3 milliards de personnes ont accès à Internet à travers le monde et où 6 milliards d’abonnements mobiles circulent sur le globe, et vue la progression phénoménale du secteur, il est évident que le développement d’Internet est la principale transformation actuelle!

Le dernier élément qui sera de toute évidence sujet à évolution, les réseaux sociaux, à l’heure où Facebook revendique 1 Milliard d’utilisateurs, à savoir la moitié des internautes, il convient de s’interroger sur l’évolution du phénomène:

 Les évolutions sont déjà à l’œuvre, puisqu’il n’est pas rare qu’un internaute navigue sur plusieurs réseaux en même temps et développe des passerelles entre ceux-ci! Nous assisterons peut-être à l’émergence des plate-forme de synchronisation et de convergence des réseaux sociaux, ce qui est le pendant de la multiplication actuelle de ces réseaux de manière fulgurante! Le risque également de contrôle de l’information et de l’individualisation d’internet est réel, comme le constate lemonde.fr dans un article récent sur le Edgerank!

Un autre élément fondamental du développement des réseaux sociaux est l’appropriation que font les entreprises de ces comportements en intégrant au sein de leurs structure des réseaux sociaux internes ayant pour objectif d’augmenter la productivité et de capitaliser les connaissances et les expériences!